Dans les eaux du grand nord

 

Maison d'édition : 10/18

Date de parution : 04/05/2017

Prix chez l'éditeur : 17.90 €

Nombre de pages : 312

Nombre de tomes : 1

 

 

Résumé

 

Un baleinier du XIXe siècle met le cap sur l’Arctique avec un tueur à bord… un roman de survie sombre, puissant et original.

Patrick Sumner, un ancien chirurgien de l’armée britannique traînant une mauvaise réputation, n’a pas de meilleure option que d’embarquer sur le Volunteer, un baleinier du Yorkshire en route pour les eaux riches du Grand Nord. Mais alors qu’il espère trouver du répit à bord, un garçon de cabine est découvert brutalement assassiné. Pris au piège dans le ventre du navire, Sumner rencontre le mal à l’état pur en la personne d’Henry Drax, un harponneur brutal et sanguinaire. Tandis que les véritables objectifs de l’expédition se dévoilent, la confrontation entre les deux hommes se jouera dans les ténèbres et le gel de l’hiver arctique.

Sélectionné pour le Man Booker Prize, Dans les eaux du Grand Nord est considéré comme l’un des dix meilleurs livres de 2016 par le New York Times.

 

 

Son avis

 

Un jour, une belle âme me met entre les mains « Dans les eaux du grand Nord », un roman grand format à la constitution robuste et à la couverture alléchante. En même temps ravi du cadeau, et surpris de découvrir un livre 14/21 chez 10/18, j'attaque ma lecture.
Ici pas de tergiversations, Ian McGuire vise l'efficacité. D'emblée il impose, par les odeurs, par ses descriptions franches, un décor maritime viril et prégnant dans lequel se meuvent les deux principaux protagonistes. Et ça fonctionne. On se retrouve immédiatement ferré par la rudesse du style autant que par la scène qui se déroule sous nos yeux ; un meurtre abominable.

Dans ces premières pages, l'auteur dresse à traits vifs et précis le portrait de deux êtres aux natures fondamentalement opposées. D'un côté l'on découvre un marin dépourvu de morale comme de remords, guidé par ses seuls pulsions, aussi abjectes qu'elles puissent être ; et de l'autre, un chirurgien sensible que la culpabilité ronge, s'accrochant à des valeurs en décalage avec l'univers hostile dans lequel il évolue.
L'inévitable confrontation entre moralité et bestialité éclate sur un baleinier, puis se prolonge au bout du monde, dans le grand Nord où la survie impose de remettre en question ses convictions les plus essentielles.
Par ce face-à-face, Ian McGuire à certainement voulu incarner la lutte du médecin contre ses propres démons, auxquels la fuite ne le soustrait pas. Des démons que symbolisent le tueur d'enfant, ou cet Ours blanc, rappelant la surnaturelle Moby Dick.

J'ai aimé ce roman qu'on ne lâche pas. Le rythme est maîtrisé d'un bout à l'autre de ces trois-cents et quelques pages ; l'écriture, épaisse et vivante, se déguste sans modération.
Je soupçonne tout de même l'écrivain de se complaire par moment dans le scatologique et le sordide. Il a bien sûr la volonté d'utiliser le réalisme le plus absolu possible, amoral et débarrassé des contraintes de bienséance, afin de mettre au jour ce qui distingue l'humain de l'animal, l'animal de la bête. Cependant, je ne ne suis pas certain qu'il n'use pas d'un peu d'esbroufe ici ou là.
Allez savoir...

Mais enfin, ce que vous devriez faire, c'est de foncer chez votre libraire, d'acheter ce bouquin parmi d'autres, de le lire, puis de nous donner votre avis.

Sur ce, je vous souhaite de belles lectures !

Birdman

cat 5 sur 5

 

 

 

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