Tokyo Vice

 

Maison d'édition : Marchialy

Date de parution : 04/02/2016

Prix chez l'éditeur : 21.00 €

Nombre de pages : 400

Nombre de tomes : 1

 

 

Résumé

 

Quand Jake Adelstein intègre en 1993 le service Police-Justice du plus grand quotidien japonais, le Yomiuri Shinbun, il n’a que 24 ans et il est loin de maîtriser les codes de ce pays bien différent de son Missouri natal. À Tokyo, il couvre en étroite collaboration avec la police les affaires liées à la prostitution et au crime organisé. Pour cela, il n’hésite pas à s’enfoncer dans les quartiers rouges de la capitale, dans les entrailles du vice et de la décadence. Approché par les yakuzas, il devient leur interlocuteur favori tout en restant un informateur précieux pour la police. Une position dangereuse, inédite et ambivalente, aux frontières du crime, qui incite Jake Adelstein à entrer dans un jeu dont il ne maîtrise pas les règles.

 

 

 

Son avis

 

Tokyo Vice, c'est d'abord un bel objet. Un support extrêmement bien conçu qu'on a plaisir à contempler, puis manipuler. Et lire.
Cependant, ne vous attendez pas à découvrir un polar nerveux et haletant, tel qu'on nous le vend. La confrontation avec les yakuzas n'apparaît, par exemple, que dans le dernier tiers du roman. 

Avant cela, l'auteur retrace son parcours de journaliste au Yomiuri Shinbun, de ses débuts comme fait-diversier de province, à son travail d'investigation auprès de la brigade des mœurs de Tokyo. À travers son cheminement, il décode la société japonaise, les rouages et contraintes de l'univers entrepreneurial, implacable pour peu que l'on ne respecte pas l'étiquette. Le jeune journaliste apprend à courber l'échine, accepte la prééminence du travail auquel il consacre tout son temps, au détriment de sa vie familiale. Il assimile ainsi les ficelles du métier, gagne la confiance de sa hiérarchie, tout en acceptant les compromis nécessaires pour mener à terme un travail d'investigation. Il s'applique aussi à garder des liens cordiaux avec les services de police parmi lesquels il est primordial de compter des indics. À choyer de sa poche.
Les victoires paraissent bien maigres en comparaison de l'énergie, du temps et de l'argent investis, mais Jake est un journaliste acharné, porté par son ambition et sa foi en la vérité.


L'écriture de Jake Adelstein est journalistique, accessible et précise. Son récit, instructif, peut tendre, de temps à autre, vers l'anecdotique. Il détaille beaucoup et nous frustre parfois, comme lui-même à dû l'être lorsqu'une exclusivité lui échappait, ou que la vérité se dérobait. Le personnage peut être excessif, égocentrique, prêt à beaucoup pour obtenir une information. Tout en restant autocritique et lucide. Certainement les qualités qui font le bon investigateur.
Ces années de journalisme de terrain, en divers lieux du pays, lui font prendre conscience de l'enracinement du crime organisé dans toutes les strates de la société japonaise, des bas-fonds au monde de la finance, jusqu'aux sphères politiques.
Les sujets couverts, toujours plus sordides, autant que les manquements de la justice, le travaillent en profondeur.
De retour à Tokyo, il se consacre aux affaires de mœurs dans les quartiers chauds, Kabukicho et Roppongi. Lui se penche particulièrement sur le trafic d'être humain.
Fort de ses convictions, de ses amitiés, il s'implique de plus en plus, navigue dans un univers complexe et sans merci pour tenter de mettre au jour les travers de la société japonaise.
Lancés sur la piste des yakuzas, Jake soulève un sacré lièvre qui mettra sa vie en danger. Jusqu'où est-il prêt à aller pour faire éclater la vérité ?
De rencontres en épreuves, il devra questionner sa morale, ses responsabilités, et définir ses limites.


Tokyo Vice est un livre important pour ce qu'il a dévoilé, qui poussera le Japon à faire son examen de conscience dans les années suivant la parution de l'enquête. Au moins superficiellement...

Birdman

cat 4 sur 5

 

 

 

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