Red Angels T1

 

Maison d'édition : Urban china

Date de parution : 04/11/2016

Prix chez l'éditeur : 15.00 €

Nombre de pages : 148

Nombre de tomes : 1

 

 

Résumé

 

La première est mariée un homme qui la bat, et tapine pour l'aider à rembourser ses dettes de jeu. La seconde, âgée d'un quarantaine d'années, a quitté l'usine et travaille dans la rue pour payer des études à ses filles. La troisième, jeune campagnarde un peu naïve, essaye de trouver un homme bon qui la sortira de là pour l'épouser. Leur destin va basculer avec le plan de restructuration urbaine de la Chine et l'apparition du sida.

 

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Son avis

 

Alors que je parcours les rayons d'une librairie spécialisée, le dessin de Seven – jeune auteur chinois – accroche mon regard.
Je me fige, les pages défilent entre mes doigts inquisiteurs. L'expressivité de son dessin, la stylisation survoltée du trait, les couleurs crépusculaires, rougeoyantes et contrastées, ainsi que le dynamisme des cadrages, au plus près des personnages, m'accaparent.

Red Angels c'est l'adaptation en manhua (la bande dessinée chinoise) du roman documentaire de Li Yaosha « Dix ans d'investigations secrètes ».


Seven nous entraîne dans les bas-fonds d'une ville indéfinie. On y suit, à travers les yeux du proprio, les parcours chaotiques de trois prostituées logées dans son immeuble. A Ping, d'abord, provinciale illettrée violentée par un mari qui la force à se prostituer pour éponger ses dettes ; Xiao Lan, ensuite, novice bercée d'illusion, en quête du grand amour ; et puis soeur Tang, quadragénaire débrouillarde, mère de deux enfants dont elle paient les études.
À la fois proche d'elles et démuni devant les soubresauts de leurs vies hors-normes, le proprio pose un regard distancié et amical – et nous avec lui – sur le cheminement douloureux de ses jeunes femmes naïves et rouées, battantes ou battues, et foncièrement bonnes.
Un quotidien brutal zébré par la violences, la drogue ou la maladie.


Pour illustrer ce témoignage, Seven use d'un style tranché évitant le pathos, qui peut rappeler certains animes ; impression renforcée par les couleurs informatisées, gérées avec brio malgré certains effets trop connotés « logiciel de traitement d'image ». Au fil des cases, l'auteur fait preuve d'une inventivité inépuisable, pour notre plus grand plaisir.

Réjoui, je referme l'album, passe à la caisse et quitte la librairie les poches vides et le sac plein. Et vous recommande de faire de même !

Birdman

cat 5 sur 5

 

 

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