Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants

 

Maison d'édition : Gallimard

Date de parution : 09/02/2012

Prix chez l'éditeur : 8.50 €

Nombre de pages : 238

Nombre de tomes : 1

 

 

 

Résumé

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, des enfants d'une maison de correction fuient les bombardements et se réfugient dans un village de montagne. Leur éducateur les place sous l'autorité d'un maire convaincu qu'un mauvais enfant doit être supprimé " dès le bourgeon ". Le jeune narrateur et son petit frère font partie de ce groupe de délinquants bientôt à la merci des villageois haineux, qui les contraignent à enterrer des animaux victimes d'une épidémie. Quand trois personnes meurent, contaminées, les villageois, pris de panique, abandonnent le village en y enfermant les enfants, qui prennent possession des maisons désertées et esquissent même les règles d'une vie en société. Temps suspendu, unique dans cette histoire de bruit et de fureur, où s'expriment les douceurs de la fraternité et les joies d'un premier amour. Malgré la présence d'un jeune Coréen et d'un soldat déserteur qui tentent de les aider, l'affrontement avec les villageois de retour ne pourra être évité.

Cette impressionnante fable sociale écrite en 1958 appartient à la grande veine de Kenzaburô Ôe. Densité, richesse d'analyse, foisonnement de l'imagination, violence, émotion: toutes les qualités du Prix Nobel se trouvent réunies.

 

 

Mon avis

 

Cela faisait un bail que ce livre prenait la poussière dans ma PAL... Il n'aurait pas du ! Je l'avais acheté parce que le résumé m'avait très attiré (rien d'original) et surtout parce que j'avais trouvé le titre plutôt... fun ! Un "attrape oeil" qui vous souffle à l'oreille "lisez moi, lisez moi !". Voilà, c'est fait et j'ai beaucoup aimé cette lecture, plutôt dure mais passionnante. Un délicieux mélange entre la beauté de la littérature japonaise et la sombre histoire de ce groupe d'orphelins, abandonnés par les habitants d'un village envahit par une épidémie.

De part les yeux d'un de ces enfants, nous nous immergeons dans ce sentiment d'abandon créé par les adultes hostiles et froids de ce village, perdu dans les montagnes. Malgré la fuite des villageois, ces gosses, totalement délaissés par leur pays, se verront enfermés dans ce décors maladif, sans pouvoir s'évader, comme mis en quarantaine. A travers les yeux de notre héros, nous vivrons avec eux dans la colère, la peur, la faim et le froid... Mais aussi, l'apprentissage de la survie, l'amour et la fraternité.

Quand on lit ce livre, on aimerait vraiment modifier le titre en "Tirez sur les villageois"...

Un beau petit coup de coeur pour un des personnages, le petit frère du héros. Un enfant sensible, émotif, émerveillé de tout, totalement innocent et qui pourrait vous faire verser, à coup sûr, quelques petites larmes.

Je suis ravie d'avoir découvert la plume de Kenzaburô Ôé, qui nous illumine par sa façon de retranscrire les choses, dans cette tourmente aux couleurs de la nuit. Une lecture que je vous souhaite de découvrir !

Bonne lecture à tous !

 

cat 4 sur 5

 

 

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