Fuck america

 

Maison d'édition : Le Tripode

Date de parution : 19/03/2009

Prix chez l'éditeur : 19.00 €

Nombre de pages : 296

Nombre de tomes :  1

 

Résumé

 

1952. Dans une cafétéria juive à l’angle de Broadway et de la 86e rue, Jakob Bronsky, tout juste débarqué aux États-Unis, écrit un roman sur son expérience du ghetto pendant la guerre : Le Branleur ! Au milieu des clodos, des putes, des maquereaux et d’autres paumés, il survit comme il peut, accumulant les jobs miteux, fantasmant sous sa couette sur le cul de la secrétaire de son futur éditeur M. Doublecrum... 

 

 

Mon avis

 

Me voici avec une grande découverte, loin de mes lectures habituelles. Pour autant, cela ne m'a pas empêché de jubiler face à la verbosité (toute particulière) de Monsieur Hilsenrath. "Fuck America" est en grande partie autobiographique, utilisant son expérience personnelle pour donner vie à Jakob Bronsky, réfugié juif à New York dans les années 50 , mi-clodo, mi-écrivain. Il nous décrit son quotidien de crève-la-faim et la noirceur du rêve américain avec satyrisme, cruauté et crudité, enrobé d'une pointe d'humour. Un auteur souvent décrit comme étant de la lignée de Bukowski, Fante et Roth.

Sans parler de l'histoire au sens propre, qui se lit très bien, je préfère vous dévoiler la forme. La plume d'Hilsenrath est vraiment atypique. Les mots sont percutants, les dialogues vifs et sans fioriture, un humour noir appréciable. Jakob Bronsky a tendance à se parler à lui-même, ce qui rend de nombreux passages très drôles.

Un roman qui m'a beaucoup plu, ce qui m'amènera sûrement à faire connaissance avec ses autres oeuvres. Sans aucun doute. Je vous souhaite de bien belles découvertes livresques !

 

 

Citations

 

"Un black : - C'est vrai qu'Hitler a gazé les juifs ? 

Bronsky : - C'est vrai.

- Pourquoi il t'a pas gazé ?

- J'ai eu du bol, faut croire.

- T'as sauté de la chambre à gaz, c'est ça ?

- Probablement.

- Tu ne te rappelles plus ?

- Non, plus du tout."

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Bronsky qui se fait un monologue... :

"Bronsky ! Ecoute-moi, Bronsky ! Ce n'est pas une blague. Tu as vraiment besoin d'un job. Il ne te reste plus que cinq cents en poche. Avec cinq cents, mon cher Bronsky, tu n'iras pas bien loin.

Mon vieux. Maintenant, ça devient sérieux. Fais bien attention. D'abord, il faut que tu te rases. Sinon tu ne trouveras jamais de job. Seulement, tu n'as plus de lames. C'est pas de chance. Mais pas si grave. Tu vas emprunter une lame à Monsieur Selig qui habite juste à côté, lui, il ne les compte pas. Très bien. Tu peux également lui emprunter un peu de savon à barbe. Seulement, n'en prends pas trop. Juste un petit peu.

Et pour ton petit-déjeuner, Jakob Bronsky ? Ton rayon dans le réfrigérateur est vide. Tu pourrais emprunter un peu de café à Monsieur Selig. Du vrai café, Golden Brown, une bonne marque. Et du lait. Bien sûr, du lait aussi. Il ne remarquera rien. Qui note le niveau du lait ou du café ? Peut-être deux tranches de pain de mie. Aussi. Qui en Amérique compte le nombre de tranches de pain de mie ? Personne ! Evidemment, Bronsky. Personne. Tu peux y aller tanquille. Peut-être encore un oeuf ? Alors, Bronsky, qu'en dis-tu ? En vertu de quoi Jakob Bronsky n'aurait-il pas le droit de manger un oeuf, lui aussi ?"

 

 

5 SUR 5

 

 

 

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