Un goût de cannelle et d'espoir

 

Maison d'édition : Pocket

Date de parution : 02/04/2015

Prix chez l'éditeur : 8.10 €

Nombre de pages : 511

Nombre de tomes : 1

 

Résumé

 

Allemagne, 1944. Malgré les restrictions, les pâtisseries fument à la boulangerie Schmidt. Entre ses parents patriotes, sa sœur volontaire au Lebensborn et son prétendant haut placé dans l'armée nazie, la jeune Elsie, 16 ans, vit de cannelle et d'insouciance. Jusqu'à cette nuit de Noël, où vient toquer à sa porte un petit garçon juif, échappé des camps...   Soixante ans plus tard, au Texas, la journaliste Reba Adams passe devant la vitrine d'une pâtisserie allemande, celle d'Elsie... Et le reportage qu'elle prépare n'est rien en comparaison de la leçon de vie qu'elle s'apprête à recevoir.

 

 

Mon avis

 

Vous êtes féru d’histoires de seconde guerre mondiale, avec son lot d’espoir, de larmes et de courage ? Vous aimez passer (et repasser) devant les vitrines gourmandes de votre boulangerie ? Ce livre a tous les ingrédients pour vous plaire !

L’histoire commence en hiver 2007, aux États-Unis et plus précisément au Texas, où Reba Adams, journaliste trentenaire, souhaite interviewer la seule boulangère allemande de tout El Paso, afin de découvrir les traditions des Noëls allemands. C’est par ce biais qu’elle fera la connaissance d'Elsie, vieille femme au caractère bien trempé et sa fille Jane, qui tiennent l’unique boulangerie qui fasse des Lebkuchen, des Brötchen et des Schnecken dans tout le désert texan.

Sarah McCoy a aimé jouer avec le « temps » dans son roman. Elle a réussi, avec brio, à entrelacer l’histoire d’Elsie, au moment de sa jeunesse allemande, lors de la seconde guerre mondiale et Reba, journaliste au Sun City à El Paso au Texas, soixante ans plus tard. Ces deux histoires ont été savamment mises en parallèle par de nombreux flash-back et souvenirs qui aident le lecteur à comprendre la complexité du moment présent et à découvrir les horreurs du passé.

C’est ainsi que le lecteur se trouvera embarqué en 1945, dans une Allemagne qui s’apprête à perdre la guerre. Dans une petite ville nommée Garmisch, on y retrouvera une Elsie jeune et insouciante, entourée de sa famille, où la propagande du troisième Reich, qui devait durer mille ans, y est profondément ancrée malgré tout. On pourra y découvrir le quotidien de cette famille Schmidt et de leur boulangerie, entre soirées SS aux bras du lieutenant Joseph Hub et la contribution de la sœur ainée, Hazel, dans les Lebensborns. C’est dans ce contexte qu’Elsie, en pleine nuit hivernale, trouvera devant sa porte, ce petit garçon de sept ans, juif, tout droit sorti de Dachau. C’est par cette nuit toute particulière que le dilemme d’Elsie lui ouvrira les yeux sur la voie qu’a emprunté son pays et sur les choix qu’elle devra entreprendre.

J’ai vraiment beaucoup aimé le personnage d’Elsie. Elle est aussi attachante à 17 ans qu’à 70. On sent d’emblée son courage et sa persévérance dans ses actes et sa façon de penser, ce qui peut donner quelques sueurs froides au lecteur tant on aimerait qu’il ne lui arrive aucun mal. Un des personnages qui m’a le plus marqué à cette époque, est sa voisine, Frau Rattelmüller, vieille femme acariâtre qui semble avoir été conçue dans l’histoire dans le seul but de nous agacer. Pourtant, derrière ce dos courbé, se cache plus de secrets qu’on ne pourrait l’imaginer…

Concernant l’histoire de Reba, qui croise celle d’Elsie au 21ème siècle, l’auteure nous offre là une traversée plutôt conflictuelle entre des problèmes professionnels et sentimentaux. Des doutes, des peurs du passé venant hanter le présent, qui se nouent et se dénouent au fil de notre lecture.

Je ne connaissais pas l’écrivain qu’est Sarah McCoy, mais j’ai trouvé sa plume et sa façon de construire cette histoire, très addictive. Un livre qui se lit simplement et d’une traite ! De plus, il m’a été très agréable de découvrir une petite surprise à la fin du livre… Les recettes de toutes les gourmandises allemandes citées dans le roman ! (pâtisseries qui ont été mentionnées tellement de fois que le lecteur ne peut avoir fini sa lecture qu’en ayant la bave aux lèvres… Comme ce fut mon cas !).

En conclusion, une lecture que je vous conseille pour l’histoire d’un régime face à celle d’une boulangerie.

 

 

5 SUR 5

 

 

 

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